Droits d’auteur : l’acquisition d’une œuvre ne vaut pas droit de reproduction

Un artiste avait créé en 2015 une sculpture commandée par une maison de champagne. Cette dernière, qui n’avait acquis que le support matériel de la sculpture, a ensuite reproduit l’œuvre sur des étiquettes de bouteilles et sur son site internet.

Dans un arrêt du 20 novembre 2025, la Cour d’appel de Douai a condamné la maison de champagne pour contrefaçon des droits d’auteur de l’artiste. La Cour a considéré qu’en l’absence d’un contrat écrit de cession de droits d’auteur conclu avec l’artiste, la maison de champagne ne pouvait reproduire l’œuvre à des fins commerciales notamment sur les étiquettes et sur son site internet, même si l’artiste avait créé l’œuvre sur commande et ne s’était pas opposé à une telle reproduction de son œuvre pendant plusieurs années.

Cette affaire est l’occasion de rappeler plusieurs principes fondamentaux en matière d’exploitation des droits d’auteur :

  1. la cession tacite des droits d’auteur ne peut être retenue même en cas de tolérance ou de connaissance de l’exploitation par l’auteur,
  2. l’acquisition d’une œuvre physique ne confère aucun droit de reproduction de celle-ci, notamment sur des supports commerciaux (packagings, étiquettes, site internet).

Ainsi, avant toute utilisation d’une œuvre (logo, photo, illustration…), assurez-vous d’en obtenir les droits en concluant un contrat de cession avec l’auteur.

  • CA Douai 20 nov.2025 – RG n°24/00114